The Crags

Ils envoient, ils enroulent, ils dépotent. Cinq instruments entre des mains amicales, agiles, précises et chaudes, avec ce tremblement particulier : intensément vivantes. La voix, deux guitares, une basse, un orgue hammond, une batterie – le touché du feeling en aura, l’anglais en lyrics. Sur presque toutes les scènes du coin et parfois bien plus loin, on trouve des traces vieilles de dix ans, mais encore fraîches et palpitantes. Elles vibrent du trauma: un rock hybride, tentaculaire, cultivant les rituels poétiques et sulfureux de l’esprit vintage, suintant le calvaire adoré des initiations existentielles. La bande de potes ne marche pas à la séduction.

C’est franc dans ton ventre, plaqué sur ton tympan, ça colle et ça tire, ça frappe et ça embrasse, avec gaillardise et finesse. Un art de la composition cultivé en groupe qui aime ouvrir ses pores à de multiples influences et ose inventer des assemblages inattendus, des complexités exigeantes – par goût, par pur plaisir. Y a une joie diabolique de casser de la note dans cette machine à titres jouissifs qu’on écoute le fessier entre mille chaises, le visage grimaçant de mille petites morts.